L'intelligence collective, c'est du management !

Le digital appelle l'intelligence collective

Intelligence collective et management, processus

Si la notion d’intelligence collective n’est pas nouvelle, on peut même dire qu’elle est mise en œuvre de façon plus ou moins consciente dans le collectif des organisations depuis les âges les plus anciens, le développement des technologies de l’internet et la possibilité de conduire des taches connectant des dizaines, centaines de milliers ou millions d’individus a activé un champ de recherche dont les résultats peuvent intéresser des collectifs de tailles plus restreintes, comme dans l’entreprise, quand un dizaine, une centaine, un ou plusieurs milliers d’individus peuvent être amenés à collaborer sur des taches cognitives.  

L’intelligence collective qu'est ce ?

 Plusieurs définitions circulent sur cette notion. Pour résumer, on peut avancer qu’il y a

intelligence collective lorsque la collaboration de plusieurs individus à des taches cognitives donne un meilleur résultat que si les individus agissaient seuls. Le meilleur résultat peut s’apprécier par sa qualité, sa pertinence pour l’organisation, sa vitesse d’obtention…

 

Le champ de recherche sur l’intelligence collective qui s’est développé depuis une

quinzaine d’années a permis de définir, caractériser et concevoir des processus

d’intelligence collective que l’on peut mettre en œuvre en fonction des situations

rencontrées. A cet égard, il est intéressant de suivre les travaux conduits par le département d’intelligence collective du MIT, créé il y a quelques années.

 

Dans l’article « Harnessing Crowds : Mapping the Genome of Collective Intelligence”, Thomas W. Malone et al établissent la liste des différentes briques (ou gènes) qui constituent

l’intelligence collective. Celle-ci va alors se caractériser par différentes briques qui, assemblées de façon pertinente en fonction des besoins, vont déterminer les processus d’intelligence collective à développer. 

L’intelligence collective à quoi cela sert il?

Dans l’entreprise, mettre en œuvre l’intelligence collective peut être bénéfique à

plusieurs types d’activité. Quelques exemples :

  • La création, l'innovation :

que celle-ci soit générée par des individus ou réalisée de façon collective, la mise en œuvre de techniques d’intelligence collective renforce la capacité créatrice de l’organisation. Par exemple, dans une entreprise de logiciels, en laissant aux designers la possibilité de

proposer des améliorations, dont la mise en œuvre se décide par vote.

  • La prise de décision :

plusieurs mécanismes peuvent être envisagés, vote égalitaire, vote pondéré, moyenne, consensus. L’idée étant sur tout ou partie des décisions à prendre de faire participer un panel de contributeurs. Ainsi une entreprise de vente en ligne, afin d’élaborer la note d’appréciation sur un produit donné par les pourra effectuer une simple moyenne des avis formulés, ou encore une moyenne pondérée en fonction de différents critères dont l’un pouvant être l’aptitude des contributeurs à représenter les appréciations moyennes élaborées.

  • La résolution de problème,

qui peut exiger la mise en commun d’activités cognitives d’analyse et la contribution de différents experts. Ici aussi les techniques d’intelligence collective apporteront de meilleures performances.

 

Globalement, dans un monde qui bouge, qui change parfois de plus en plus vite, l’agilité des

organisations pour réagir, s’adapter à de nouvelles situations, est déterminante pour rester compétitif. L’intelligence collective devient un outil managérial dont la maitrise est incontournable.  

L'intelligence collective, comment mettre en œuvre ?

Il est rare de ne pas déjà rencontrer des formes d’intelligence collective dans les

entreprises. Les processus managériaux, comme par exemple le management visuel

ou la conduite du changement, lorsqu’ils sont bien conduits, incluent des mécanismes d’intelligence collective. Mais il est possible d’en étendre le champ d’application en

analysant les activités déterminantes pour la compétitivité de l’entreprise, comme dans les exemples suivants :

  • adaptabilité, conduite du changement : prise décision, créativité ;
  • mise en œuvre de nouveaux produits et services, nouveaux concepts : créativité;
  • projets d’envergure à gérer : renforcer la visibilité et la prévision avec les marchés prédictifs.

La démarche de développement de l’intelligence collective commencera par un diagnostic des pratiques et situations. La seconde étape consistera à définir les processus de l’entreprise sur lesquels intégrer des pratiques et techniques de l’intelligence collective. A chaque situation correspondra son processus.  Il faut aussi savoir que l’intelligence collective peut être une source de sens pour de nombreux collaborateurs et par là, engendrer ou renforcer la motivation au travail. C’est un effet collatéral à ne pas négliger.  

Intelligence collective et internet

Les TICs ne sont pas un support nécessaire au développement de l’intelligence collective.

Les technologies de l’internet ont simplement, par changement d’échelle (écrasement des distances, interactions au sein de très larges groupes en temps réel ou différé) généré la conscience d’intelligence collective et déclenché un domaine de recherche spécifique. Mais celle-ci peut se mettre en œuvre dans l’entreprise, au moyen de processus managériaux spécifiques et appropriées, sans le support des TICs.

 

Frédéric Durdux 

Intelligence collective et management, pour aller pus loin